Décrochage scolaire (intelligence artificielle) et tartes aux pommes
Quelques récentes interventions médiatiques au sujet d'un recours contre l'utilisation d'algorithmes de prédiction du décrochage dans les écoles du Québec.
Hier matin, j’étais à Radio-Canada pour parler du recours que Valentine Goddard et moi préparons au sujet de l’utilisation d’un algorithme de prévention du décrochage scolaire dans les écoles du Québec.
C’est un sujet qui me tient à coeur, je vous invite à écouter l’entrevue.
Pourquoi donc suis-je atterrie sur les ondes radio de mon Abitibi natale (terre natale de nom surtout, puisque j’ai dû y rester un an tout au plus, et que je n’y suis malheureusement jamais retournée)?
Pour parler d’un reportage du Devoir auquel j’ai récemment pris part.
L’animateur mentionne à plusieurs reprises que l’article est publié en une du Devoir. Mais si j’entends l’information, je ne l’assimile pas véritablement. À ce moment-là, je suis en mode multi-tasking. Cachée dans les toilettes d’un train qui arrive en gare, j’essaie de répondre aux questions du journaliste sans trop laisser paraître qu’un agent de bord insistant frappe à la porte de la salle de bain pour me faire sortir de là.
Ce n’est qu’à mon retour à la gare, plus tard en soirée, que je réalise que l’article se retrouve effectivement sur la première page du journal.
Cela témoigne de l’importance du journal Le Devoir dans l’écosystème médiatique québécois. Un journal qui croit assez en l’éducation pour embaucher un (excellent) journaliste—Zacharie Goudreault—qui fait avancer le débat public en menant des enquêtes sur ce qui se passe en éducation, et qui croit assez à l’éducation pour mettre ses articles en une.
Ça témoigne aussi du fait que la question de l’utilisation (non consentie) d’algorithmes de prévention du décrochage scolaire dans les écoles du Québec est une question d’intérêt public importante dont on doit débattre.
Favoriser la réussite éducative et prévenir le décrochage scolaire, c’est comme la tarte aux pommes. De prime abord, tout le monde est en faveur. Mais le fait de mettre l’accomplissement de ces objectifs entre les mains d’un système d’intelligence artificielle risque de contribuer à créer un système d’éducation rigide, bureaucratique et inflexible qui en plus d’entraîner de la discrimination, risque de former des petits robots tous pareils.



